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19 February 2007 @ 05:43 am
Jean-Louis Murat a-t-il mauvais goût ?  
C'est très curieux. A cause d'une insomnie, je regardais cette nuit une vieille rediffusion de Fréquenstar sur Jean-Louis Murat. On le voyait en Auvergne qui parlait avec Laurent Boyer sur un ton de confidence et avec une pertinence rare à la télévision, à tel point que je me demandais parfois si Murat réalisait à qui il s'adressait. A-t-on en effet idée de parler de poésie médiévale, de haïku et de Fitzgerald avec un présentateur qui sourit à Céline Dion ? A priori non.
Murat donc parlait, et j'étais surpris de son intelligence, de son humour, de son sérieux. Il s'exprimait avec aisance, et fait extraordinaire réfléchissait souvent avant de répondre...Presque du jamais vu à Fréquenstar...De plus, Murat emmena cet hérétique de Laurent Boyer visiter la basilique d'Orcival, discuta avec le curé, raconta avoir fait redresser la croix abattue, dit combien il admirait Tarkovski avant de descendre dans une cave humide, auréolée de saint-nectaire fermiers. Décidemment, me disais-je, voilà un homme qui sait vivre.
Mais...
J-L Murat en musique a des goûts de chiotte. Il m'a obligé à regarder un clip de Robbie Robertson. J'étais atterré. A l'écran dans une lumière néon rouge/bleue, une sorte de Chris de Burgh marmonnait des trucs de concierge sur un rythme années 80. Il a ensuite déliré sur un moustachu du nom de Jack Frances ou approchant, parlant du drame contenu dans un morceau qui à l'oreille me faisait penser à du Voulzy, du Toto, du Chicago, des musiques sur lesquelles je n'imagine pourtant pas qu'on puisse dire plus de deux phrases sans aussitôt le regretter...
Verdict : Jean-Louis Murat est clairvoyant, perspicace mais n'a strictement aucun goût.

 
 
 
 

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