Tout autour et dans la prairie, l'intensité verte des champs. Un délicat décor d'arbres et de feuilles impressionnistes.
Il était en mocassin et suait. Pas à sa place ici. Et comme déplacé. Au milieu des autres qui portaient t-shirts, et vêtements d'été, il faisait une curieuse tâche.
On se demandait s'il utilisait de la bière pour gel à cheveux. Mais non. Juste un spray.
- Fichue nature. Dit-il. Qu'est-ce qu'il fait chaud !
- Allons marcher. Lui dit-on. Rien de plus sain que de fouler la bruyère des sous-bois.
Et il baissa la tête, ce qui signifiait oui. Il fit alors un pas de côté, pour chasser les cygnes qui partirent en déployant les ailes afin d'augmenter leur envergure et d'effrayer ce prédateur qui s'était approché d'eux. Puis les cygnes rapetissèrent en s'éloignant et se blottirent sur l'eau.
Quant à lui, toujours un peu raide, au milieu de la verdure, pas véritablement intéressé par le muet déplacement des arbres et les petits massifs d'aubépine d'où partaient des chants, il se demanda si c'était bien raisonnable que d'être venu à la campagne, au plus fort de l'hébétement de l'été. Et il tira sur sa cigarette, prit dans la paume sa canette, s'assit et profita de l'heure qui s'écoulait.
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